Dans notre secteur, on a coutume de parler de «chez soi» lorsqu’une personne habite à son propre domicile, souvent en opposition au fait d’être «hébergé» en établissement. La logique inclusive sous-tend souvent que vivre «chez soi» est de pouvoir vivre à son domicile au sein de la cité. Pourtant, la réalité est différente.

Ces journées nationales des établissements d’hébergement pour adultes en situation de handicap visent à développer l’idée qu’habiter «chez soi» est également possible en établissement.
Les personnes habitent dans les établissements spécialisés. Les «personnes accueillies», en réalité, ce sont nous, les accompagnants, les professionnels, qui ne faisons que passer. Notre chez nous est ailleurs. Ce postulat est à l’origine de nombreuses questions qui se posent concernant l’accompagnement. Si la personne est chez elle, «jusqu’où je vais ?», voire «de quoi je me mêle ?» car finalement chez soi, «on fait un peu ce que l’on veut».
Cela pose de vraies questions pour un chez soi en établissement. Cela nous conduit à revisiter l’éternel paradoxe qui consiste à devoir allier liberté de circulation, liberté de choix (comme cela est indiqué dans le cadre légal), avec l’exigence (elle aussi inscrite dans la loi) de protection des personnes vulnérables. La question de l’individualisation au sein d’une structure avec des règles collectives est elle aussi à revisiter à la lueur de cet objectif du «habiter (véritablement…) chez soi en établissement».

Fort de ce postulat, pour aller au-delà d’une formule et d’un principe énoncé, ces journées s’efforceront de regarder de quelle façon la logique inclusive actuellement promue, «inclue» justement les établissements dits d’hébergement. Cela sera peut-être l’occasion également de mieux valoriser et reconnaitre les différents métiers qui œuvrent au quotidien à cet objectif au sein de ces établissements.
Ces journées devront notamment permettre de clarifier ce « qu’habiter » veut dire et devront préciser les conditions de réussite. Elles auront ainsi vocation à relier cet objectif du «habiter chez soi» avec d’autres notions et pratiques connexes comme le pouvoir d’agir des personnes, basé sur leurs capacités d’autodétermination plus que sur leurs incapacités.
Les professionnels de ces structures le savent bien : ce savant dosage entre les deux bouts de ces paradoxes ou doubles exigences, nous amènera forcément à réfléchir à la notion de prise de risque et de responsabilité. Qui prend le risque ? Qui est responsable ? Quel dommage est acceptable ?

L’habitant est l’acteur de sa vie et donc de sa santé. Aussi, en sous-partie de ces questions transversales à tous les types d’établissements concernés par ces journées, une question récurrente devra être approfondie : celle de la gestion et du suivi de la santé de la personne concernée. Au-delà de bien cerner ce que ce terme gigogne recoupe, ces journées devront sans doute aider à distinguer les problématiques rencontrées et les solutions apportées selon que l’on est un EAM ou un EANM…, la distinction entre ces deux nouvelles catégories de nos autorisations étant justement le M de «médicalisé»…

Enfin, ce habiter chez soi en établissement devra également descendre au plus près des spécificités de chaque type d’établissement : soit spécificité de public (ex : polyhandicap, handicap psychique, TSA, PHV…), soit spécificité d’autorisation et de niveau d’autonomie des «habitants» (MAS-FAM, FV, FH…).
Habiter, c’est la somme des insignifiants de la vie quotidienne qui devront être interrogés dans la dialectique entre la liberté d’agir, les fonctionnements collectifs, l’envie, la capacité et les besoins des personnes ainsi que les réponses à adapter ou à inventer.

Membres du Comité de Préparation

APTEL Cyril, MAS Les IV Seigneurs – ADAGES 34

ASCOLA Lysiane, FV Le Pla des Oliviers – Val de Sournia 66

BAILLY Corinne, MAS et EAM de Montfloures – APEAI Ouest Hérault 34

BARBIN Mylène, EAM Les IV Seigneurs – ADAGES 34

CALERO Claude, MAS La Lasse – ARTES 30

DOS SANTOS Ludovic, Résidence Vivre Ensemble – FV Vivre Ensemble 31

FRAYSSE Antoine, ANCREAI

GARCIA Claire, MAS Georges Delpech – FAJ Périole – ASEI 31

GAUZIN Nathalie, FV de Colomiers – YMCA 31

GIL Marielle, Maison de vie Alain Mondon – Fondation Marie-Louise 31

LACOME Marc, FV de Colomiers – YMCA 31

LAROSE Véronique, Maison de vie Alain Mondon – FAM PH – Fondation Marie-Louise 31

RAZAT Marie-Claude, MAS-FAM-FV-FH – ADAPEI 65

RIBA Yvonne, Maison du Bois Joli – UNAPEI 66

SUDÉRIE Guillaume, CREAI-ORS Occitanie

TARIOL Patrick, MAS Auguste Valats – ASEI 65

TURBET DELOF Sandrine, FV Les Cascades – SAVS 31 – SAVS 32 – APF France Handicap 31

VANDAMME Frédéric, MAS L’Orri – Joseph Sauvy 66

VENISSE Géraldine, EAM Les Massagues – UNAPEI 30

VIGNE Nathalie, MAS Externalisée – ARTES

ZANIN Valérie, MAS Le Bosquet – ADAPEI 65